Pourquoi je commence par la respiration plutôt que par les exercices

L’une des questions que j’entends le plus souvent lors d’une première rencontre est :

« Quand allons-nous commencer les exercices ? »

Et chaque fois, je souris.

Parce que très souvent, l’exercice le plus important a déjà commencé.

À cet instant, la personne inspire.

La respiration est au cœur de la plupart de mes séances de yogathérapie.

Non pas parce qu’elle serait plus importante que le mouvement.

Mais parce qu’elle raconte souvent davantage sur une personne que n’importe quel mouvement.


Le corps parle toujours avant que nous apprenions à l’écouter

Notre société nous a habitués à résoudre les problèmes par l’action.

Le dos fait mal ? Il faut des exercices.

Manque d’énergie ? Il faut s’entraîner davantage.

Stress ? Il faut se distraire.

Nous sommes constamment occupés à faire quelque chose.

Mais nous nous posons rarement une autre question :

« Que se passe-t-il en moi en ce moment ? »

C’est pourquoi beaucoup de personnes sont surprises lorsque, lors de la première séance, je les invite non pas à bouger davantage, mais à ralentir.

Sentir l’inspiration.

Sentir l’expiration.

Observer le mouvement des côtes.

Percevoir le travail du diaphragme.

Remarquer comment le corps réagit à sa propre respiration.

Pour plusieurs, il s’agit de la première véritable rencontre avec eux-mêmes depuis longtemps.


La respiration ne ment jamais

Une personne peut sourire.

Dire que tout va bien.

Se convaincre qu’elle gère parfaitement la situation.

Mais la respiration révèle souvent l’état réel du système nerveux.

Une respiration superficielle accompagne fréquemment l’anxiété.

Les blocages respiratoires apparaissent souvent lorsque le corps se prépare inconsciemment à se protéger.

Un diaphragme tendu limite le mouvement de la cage thoracique et influence progressivement la posture, le cou, le bas du dos et même le plancher pelvien.

Lorsque nous observons la respiration, nous voyons souvent bien plus qu’un simple mécanisme physiologique.

Nous découvrons une partie de l’histoire de la personne.


Entre la respiration et le mouvement existe un pont

Au fil des années, j’ai observé quelque chose de fondamental :

les exercices, à eux seuls, ne sont pas toujours la solution.

Un même mouvement peut aider une personne et surcharger une autre.

Tout dépend de celui ou celle qui l’exécute.

De l’état de son système nerveux.

De sa façon de respirer.

De sa relation avec son corps.

C’est pourquoi je ne commence pas par les exercices.

Je commence par construire un pont.

Un pont entre l’attention et le corps.

Un pont entre la sensation et le mouvement.

Un pont entre la personne et elle-même.

Lorsque ce pont apparaît, le mouvement commence à transformer l’être humain de façon beaucoup plus profonde.


Parfois, une seule expiration consciente vaut plus qu’une nouvelle posture

Le yoga nous a légué des milliers de pratiques magnifiques.

Mais après des décennies d’enseignement, j’ai remarqué quelque chose d’étonnant.

Le véritable changement ne commence pas toujours lorsqu’une personne maîtrise une nouvelle posture.

Il commence souvent lorsqu’elle s’autorise enfin à expirer.

Sans précipitation.

Sans effort.

Sans avoir besoin de prouver quoi que ce soit.

À cet instant, le système nerveux reçoit un signal de sécurité.

Le corps commence à relâcher les tensions inutiles.

Un espace de récupération apparaît.

Et c’est seulement ensuite que le mouvement peut pleinement prendre sa place.


La respiration n’est pas une préparation à la pratique. Elle est la pratique.

Dans la tradition du yoga, la respiration a toujours occupé une place particulière.

Elle relie le corps et l’esprit.

Le conscient et l’inconscient.

L’intérieur et l’extérieur.

Ce n’est pas un hasard si le mot prana est souvent traduit non seulement comme le souffle, mais aussi comme l’énergie vitale.

La science moderne utilise un langage différent, mais rejoint souvent cette même compréhension.

Par la respiration, nous pouvons influencer :

  • le système nerveux ;
  • le niveau de tension ;
  • l’attention ;
  • la récupération ;
  • la qualité de présence à soi.

La respiration cesse alors d’être un simple outil.

Elle devient l’un des piliers de la pratique.


Pour moi, la respiration est un lieu de rencontre

Au fil des années, j’ai compris que les personnes ne viennent pas seulement chercher des exercices.

Elles viennent chercher un sentiment d’unité.

Une façon de retrouver le contact avec leur corps.

Une possibilité de revenir à elles-mêmes.

Et très souvent, ce chemin ne commence pas par une posture complexe.

Ni par un étirement.

Ni par un travail de force.

Il commence par une inspiration calme.

Puis par une expiration consciente.

Parce qu’il arrive que la respiration devienne ce pont à travers lequel une personne retrouve le chemin vers elle-même.


Questions fréquentes

Pourquoi accorde-t-on autant d’importance à la respiration en yogathérapie ?

Parce que la respiration est directement liée au fonctionnement du système nerveux, du diaphragme, de la posture et de la qualité du mouvement.

Peut-on améliorer sa posture grâce à la respiration ?

Oui. Le diaphragme influence la position de la cage thoracique, la stabilité du tronc et l’organisation globale du mouvement.

Qu’est-ce qui est le plus important : la respiration ou les exercices ?

Les deux se complètent. Cependant, la respiration crée souvent la base qui permet au mouvement d’être plus efficace, plus confortable et plus sécuritaire.

Faut-il apprendre à respirer ?

Nous respirons tous automatiquement. La yogathérapie aide surtout à retrouver une respiration plus naturelle, plus libre et plus consciente.

Comment se déroule une première séance de yogathérapie ?

La première rencontre commence généralement par l’observation de la respiration, l’évaluation du mouvement et une exploration douce de la façon dont la personne habite son corps.

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