Les 5 Kleshas : Les causes de la souffrance humaine selon le Yoga

Lorsque nous entendons le mot « yoga », nous pensons souvent aux postures, à la souplesse ou à la respiration.

Pourtant, le yoga traditionnel s'intéresse avant tout à une question beaucoup plus profonde :

Pourquoi souffrons-nous ?

Il y a plus de deux mille ans, Patanjali, dans les Yoga Sutras, a proposé une réponse étonnamment moderne.

Selon lui, la souffrance humaine naît de cinq mécanismes psychologiques appelés Kleshas.

Ces cinq forces agissent souvent de manière inconsciente et influencent notre façon de penser, de ressentir et de vivre.

1. Avidyā — L'ignorance

Avidyā ne signifie pas un manque de connaissances.

C'est le fait de confondre le réel avec nos projections.

Nous croyons souvent que le bonheur se trouve ailleurs :

  • quand nous aurons perdu du poids ;
  • quand nous aurons plus d'argent ;
  • quand nous serons reconnus ;
  • quand notre vie correspondra enfin à nos attentes.

Nous poursuivons une image du bonheur plutôt que la vie elle-même.

2. Asmitā — L'identification à l'ego

À partir de cette confusion naît Asmitā.

Nous commençons à nous définir par nos rôles :

Je suis professeur.

Je suis mère.

Je suis sportif.

Je suis malade.

Je suis jeune.

Je suis vieux.

Peu à peu, nous oublions qu'il existe quelque chose en nous qui est plus vaste que toutes ces étiquettes.

3. Rāga — L'attachement

Lorsque quelque chose nourrit notre identité ou nous procure du plaisir, nous nous y attachons.

Nous nous accrochons :

  • aux relations ;
  • au succès ;
  • à la jeunesse ;
  • aux habitudes ;
  • aux certitudes.

L'attachement n'est pas l'amour.

L'attachement est la peur de perdre.

Et cette peur crée une tension permanente.

4. Dveṣa — L'aversion

À l'opposé de l'attachement se trouve Dveṣa.

Nous rejetons ce qui nous dérange :

  • la douleur ;
  • le changement ;
  • les échecs ;
  • le vieillissement ;
  • les situations inconfortables.

Nous passons alors une grande partie de notre énergie à lutter contre la réalité.

Mais la réalité ne cesse jamais de changer.

5. Abhiniveśa — La peur fondamentale

La dernière Klesha est la plus profonde.

Abhiniveśa est l'attachement à la vie et la peur de perdre ce que nous croyons être.

Elle se manifeste sous de nombreuses formes :

  • peur de vieillir ;
  • peur d'échouer ;
  • peur de perdre ses proches ;
  • peur du changement ;
  • peur de la mort.

Selon Patanjali, cette peur existe même chez les personnes les plus sages.

Le yoga comme chemin de libération

Le yoga ne cherche pas à supprimer les émotions, les désirs ou la personnalité.

Il nous invite à les observer.

À reconnaître les mécanismes qui nous gouvernent.

À voir clairement où commencent nos attachements, nos peurs et nos projections.

Lorsque nous développons cette capacité d'observation, les Kleshas perdent progressivement leur pouvoir.

C'est pourquoi le yoga ne commence pas avec la performance physique.

Il commence avec la conscience.

Avec cette simple question :

Ce que je vis aujourd'hui est-il la réalité... ou l'histoire que je raconte à propos de cette réalité ?

Peut-être que la véritable pratique du yoga commence exactement là.

«Nous ne commençons pas par les exercices. Nous commençons par l'écoute. L'écoute du corps, du souffle et de ce qui se passe réellement à l'intérieur de nous.»
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